Une odeur qui rend folle. Son odeur. Celle qui reste, après, une fois que vous êtes seule, dans votre chambre. Une odeur que vous ne connaissiez pas. Une odeur que vous découvrez avec surprise. Ce parfum est terrifiant, il réveille en vous des souvenirs intimes, et vous obsède bien que vous ne l'aimiez pas trop. Oui, ce parfum à quelque chose de désagréable. Des senteurs d'ailleurs, de coins et de recoins cachés. Ce parfum, vous l'avez au bout des doigts, glissé jusque sous vos ongles, absorbé par vos pores, filtré par vos empreintes. Ce parfum, vous le sentez sur vos mains, et vous désirez au fond de vous vous en débarrasser. Mais vous ne pouvez pas. L'odeur de l'Autre est belle est bien là, dans votre nez. Elle ne vous quitte plus et vous rappelle à chaque millième de seconde combien vous l'aimez. Combien vous vous aimez. C'est une odeur étrange. Une odeur de sexe. Une odeur tendre, et un parfum violent. Quelque chose d'incolore, d'intouchable. Et pourtant, une odeur qui vous ronge les sinus, s'imprègne dans votre corps, et ne vous laisse plus que chair et âme. C'est l'odeur de l'Autre. Celle que vous ne sentez qu'une fois que vous vous retrouvez seule dans votre chambre, le jour déjà bien commencé, la lumière d'hiver déjà bien installée. Le parfum du diable. L'odeur du souvenir. Vous avez l'impression qu'il y en a même dans vos cheveux. Aux pointes, aux racines. Partout. Vous avez beau vous lavez les mains, les frottez énergiquement avec du savon, l'odeur persiste. Vous prenez un peu peur, vous vous demandez si les autres gens la sentent. Vous vous demandez si vous la traînerez derrière vous toute la journée, depuis quand, pour combien de temps ? Le parfum devient une obsession. De temps en temps vous passez vos phalanges sous votre nez, discrètement, pour contrôler sa présence. Et toujours, toujours, toujours.
Elle est là.Il suffit d'un rien, et je me sens sombrer. Descendre, encore plus bas que l'autre fois. Et c'est comme ça tout le temps. Et tout le temps je me relève, aussi vite que je suis descendue. Et tout le temps, j'ai l'âme grisée un peu plus. Il me suffit d'un rien pour m'envoyer valser, pour me projeter contre un mur, et m'écorcher jusqu'au sang, jusqu'aux larmes. Il me suffit d'un rien. Et déjà, j'ai l'impression de tout perdre, de tout avoir à regagner. Recommencer. Remonter. Plus faible encore. Et je sais que je suis bête de me laisser chagriner par ça. Car j'ai eu la preuve mainte et maintes fois qu'il était inutile de m'inquiéter. Que la chute n'était qu'illusion, et que rien n'avait changé. Seulement, je ne m'aime pas beaucoup. Alors il m'est difficile de croire en l'amour des autres, en plus. Alors, je doute. Je culpabilise à mort. Je m'enferme et je rumine, jusqu'à ce que la preuve arrive enfin, pour la énième fois. Et c'est plus fort que moi, j'ai l'impression que chaque chute est la dernière, et qu'il n'y aura pas d'échelle pour me faire remonter. Que je finirai seule. Triste.
Froide.
Les allusions, les coïncidences s'enchaînent, et je vois tout ça remuer, tourner autour de moi. Je vois tout ce petit monde danser, plus que jamais, Danser. Alors que moi ...
Mais jai retrouvé le sourire. Malgré tout. J'ai retrouvé le sourire et un peu de bonne humeur.
Je n'arrive pas trop à écrire sur ma bonne humeur. Mais voilà. Malgré tout. Juste un texte sur mon bonheur,
non ? Des tas de textes à la seconde. Après, je me calmerai. Et je pourrai enfin pleurer de soulagement, en silence, au fond de mon lit. Je pourrai enfin pleurer. Me sentir vide et si pleine à la fois. Pleurer tranquillement, en silence, sous le rayon de la Lune qui traverse tous les soirs ma petite chambre pendant quelques minutes. Oui, je pourrai enfin pleurer et troubler sous mes yeux le rayon blanc de la Lune qui éclaire un peu mon parquet. Ah, il faut que j'écrive. Après j'aurai tout le temps de me sentir
bête.
C'est terrible d'aimer si fort. C'est terrible d'éprouver autant de jalousie. C'est terrible de se montrer aussi égoïste en affirmant, en jurant pourtant ne faire qu'aimer. Aimer trop fort. Aimer trop mal, au final. Je trouve ça terrible. On ne voudrait que s'aimer. On ne voudrait que s'appartenir. Et on se détruit. On ne trouve que ce moyen pour nous le prouver. On s'aime ? Alors descendons ensemble dans les profondeurs de ces sentiments étranges et incontrôlables. Allons-y. Plongeons.Et ça fait ça avec tout le monde. Il suffit d'aimer pour, déjà, commencer à douter. La possessivité devient vite maladive. La jalousie, une drogue. L'amour, un poison.Je voudrais qu'on s'aime moins parfois. Je voudrais qu'on s'aime moins fort, mais pour plus longtemps, pour toujours. Parce que trop d'amour tue l'amour. Parce que trop d'amour réveille en nous toutes les mauvaises choses. Alors que l'amour est censé rendre heureux ... Je voudrais qu'on s'aime un peu moins. Je voudrais qu'on se calme. Qu'on arrête. Parce que je vous veux pour
toujoursPourquoi viens tu si tard ? Je ne t'attendais plus. J'avais cessé d'y croire, tiré un trait dessus. Pourquoi viens tu si tard ? Qu'est-ce qui t'amènes ici ? Quelle cruauté bizarre, cette soudaine envie ... Pourquoi viens tu si tard ? Ta mère t'as rien appris. On arrive pas si tard chez ceux qui vous convie. Sans fleurs à la rigueur. Mais la vraie politesse, c'est d'arriver à l'heure lorsque le temps nous presse. Pourquoi viens tu si tard ? Quand tout est accompli, et que d'autres accaparent ma place dans ton lit. Pourquoi viens tu si tard ? Tu n'as aucune excuse, pas le moindre bobard, la plus petite ruse. Pourquoi viens tu si tard ? Je ne peux ce que tu veux. Ta bouche pleine d'histoire, d'avenirs lumineux. Oh, il n'est pas si tard. Mon ange, quelle idiotie. Si tu pouvais te voir. N'avons nous pas
grandi ?
Nous avons toutes, tous eu une histoire de rose. Offerte ou refusée. Exposée dans un vase ou cachée à jamais. Acceptée ou ignorée. Nous avons toutes, tous une rose en mémoire. Une vraie, ou une imaginaire. Une réalité ou une promesse. J'ai cru comprendre que tout le monde avait eu droit à sa rose, en tant voulu.
Ma rose à moi restera à jamais fictive. Venant de lui, oui, cette rose, je ne la toucherai jamais. Et aujourd'hui, c'est avec la plus grande des sincérité que je le dis : Tant mieux. Lui. J'ai réussi à l'oublier, à le faire sortir. Lui. Il ne représente plus rien. Plus que des souvenirs pâles, absurdes, enfantins. Lui. Celui qui a rempli mes veines d'espoir des mois durant, celui qui a rempli mon coeur d'incertitude. Aujourd'hui, je l'affirme, c'est la dernière fois que j'écris un mot sur lui. Parce qu'autrement, il n'en vaut pas la peine. Je me suis trompée, toutes ces fois où je l'écrivais, je me suis trompée. En rien, non, en rien nous ne sommes fait l'un pour l'autre.
Il a son monde et ses roses, moi, je reste dans le mien, à côté de mon vase.
Cet homme, ce garçon n'est pas pour moi. Je l'ai cru, puis j'en ai douté. Je n'ai pas tout de suite voulu me l'avouer, je n'ai pas voulu l'accepter. Mais maintenant, tout est beaucoup plus clair, tout du moins le concernant, aujourd'hui je le regarde droit dans les yeux sans sentir mes jambes se volatiliser. Et rien que pour ça, je lui souris en coin. Il n'est pas pour moi, et ça me soulage. Je me dis que s'en est fini de tout ça.
Sa carapace est belle. Très belle. Mais à l'
intérieur ...
ATTENDEZ MOI S'IL VOUS PLAÎT